[Intro] [Le piano électrique joue deux accords incomplets séparés par de longs silences.] [Verse 1] Je m’assieds sur la pierre où la mousse est brillante, La manche de mon manteau devient froide et pesante. Mes doigts gardent la forme du papier retenu, Comme après une poignée que l’autre n’a pas rendue. Je pensais qu’un refus ferait naître un matin, Qu’un choix juste ouvrirait enfin une issue. Mais le fleuve est pareil, la pluie n’a pas cessé, Et j’ignore encore ce que ce choix m’a rendu. [Chorus] Après le geste, il ne reste aucun bruit, Ni victoire éclatante, ni réponse dans la nuit. Après le geste, je reste sans recours, Sans rivière à blâmer, sans miracle alentour. J’ai repris cette lettre au bord du courant noir, Maintenant je dois vivre avec ce que je peux voir. [Verse 2] Une bouteille vide roule contre le mur, Elle hésite à chaque joint, son voyage est moins sûr. Un taxi sur le pont traverse un reflet jaune, Puis le silence revient occuper toute la zone. Je relis la première des phrases sous la pluie : « Je t’écris parce qu’enfin je comprends aujourd’hui… » Je souris malgré moi devant ce mot trop grand, Comprendre ne suffit pas à réparer le temps. [Chorus] Après le geste, il ne reste aucun bruit, Ni victoire éclatante, ni réponse dans la nuit. Après le geste, je reste sans recours, Sans rivière à blâmer, sans miracle alentour. J’ai repris cette lettre au bord du courant noir, Maintenant je dois vivre avec ce que je peux voir. [Instrumental] [L’accordéon joue une seule respiration mélodique, suivie d’une réponse grave de la contrebasse.] [Bridge] Peut-être que grandir commence sans lumière, Dans la manche mouillée, sur une froide pierre. Pas quand tout est compris, ni quand tout est guéri, Mais quand on cesse enfin de fuir ce qui nous suit. [Final Chorus] Après le geste, le silence a changé, Il ne cache plus rien, il me laisse regarder. Après le geste, je demeure avec moi, Avec ce que j’ai fait, avec ce que je ne ferai pas. J’ai repris cette lettre au bord du courant noir, Non pour garder ton amour, mais pour garder l’histoire. [Reprise] Je me lève lentement, sans savoir où finir, Mais je ne demande plus au fleuve de choisir. [Outro] La pierre garde un peu De la chaleur de mon corps. Je remonte vers la rue. La nuit continue encore.